SR
Introduction to the Devout Life — Parts 1-2/Book 1 · Introduction à la vie dévote
Chapter 3VieDevote.1.3

Première partie, chapitre II. Propriété et excellence de la dévotion

The Joyful Reality of Devotion

Contrary to the world's gloomy portrayal, the devout life is a sweet and appealing path confirmed by both scripture and the saints.

Those who discouraged the Israelites from entering the Promised Land told them it was a country that “devoured its inhabitants”—that is, the air was so unhealthy that no one could live there long, while the inhabitants themselves were such monstrous people that they ate other human beings like locusts. In the same way, my dear Philothea, the world does all it can to discredit holy devotion, portraying devout people as gloomy, sad, and miserable, and claiming that devotion makes people melancholy and unbearable. But just as Joshua and Caleb insisted that the Promised Land was not only good and beautiful, but also sweet and pleasant to possess, so the Holy Spirit, speaking through all the saints, and our Lord, speaking in his own voice, assure us that the devout life is sweet, happy, and deeply appealing.

The Sweetness of Spiritual Discipline

Devotion acts as a transformative force that turns the bitterness of self-denial and suffering into sweetness.

The world sees devout people fasting, praying, enduring insults, caring for the sick, giving to the poor, keeping vigil, restraining their anger, stifling and subduing their passions, denying themselves sensual pleasures, and doing many other things that are harsh and demanding in themselves, by their very nature. But the world doesn't see the heartfelt inner devotion that makes all these things pleasant, gentle, and easy. Look at bees on thyme: they find its sap very bitter, but as they draw it out, they turn it into honey because that's their nature. You worldly-minded people, it's true that devout souls find much bitterness in their practices of self-denial; but by carrying them out, they turn that bitterness into gentleness and sweetness.1 To the martyrs, fires, flames, breaking wheels, and swords seemed like flowers and perfumes because they were devout. If devotion can bring sweetness to the cruelest torments and even to death itself, what will it do for acts of virtue?2

Devotion as Spiritual Sugar

Devotion provides balance and equanimity in all circumstances of life, acting as a spiritual sugar that tempers both joy and sorrow.

Sugar sweetens unripe fruit and corrects the harshness and harmful effects of ripe fruit; in the same way, devotion is the true spiritual sugar: it takes the bitterness out of self-denial and the harm out of consolations. It frees the poor from discouragement and the rich from anxious striving, the oppressed from despair and the favored from arrogance, those who live alone from sadness and those who live among others from self-indulgence. It is fire in winter and dew in summer. It knows how to live with abundance and endure poverty. It makes honor and contempt equally beneficial. It receives pleasure and pain with a heart that remains nearly always the same, and it fills us with a marvelous sweetness.

The Ladder of Charity

Using the image of Jacob's ladder, the devout life is depicted as a harmonious balance between contemplation of God and active service to others.

Consider Jacob’s ladder, for it is a true picture of the devout life. The two sides between which we climb, and to which the rungs are fastened, represent prayer, which obtains the love of God, and the sacraments, which confer it. The rungs are simply the various degrees of charity by which we go from virtue to virtue: either descending through action to help and support our neighbor, or ascending through contemplation to loving union with God. Now, look at those on the ladder. They are people with the hearts of angels, or angels in human form. They aren’t young, yet they seem young because they are full of spiritual strength and agility. They have wings to fly and soar toward God through holy prayer, but they also have feet for walking among others in holy and gracious fellowship. Their faces are beautiful and joyful because they receive everything with gentleness and grace. Their legs, arms, and heads are completely uncovered because their thoughts, affections, and actions have no aim or motive except to please God. The rest of their bodies is covered, but with a beautiful, lightweight robe, because they do make use of this world and worldly things, yet in a completely pure and sincere way, taking only what their circumstances require and holding even that lightly. Such are devout people.3

The Perfection of Love

Devotion is defined as the perfection and fragrance of charity, the highest of all virtues.

Believe me, dear Philothea, devotion is the sweetest of all delights and the queen of the virtues, because it is the perfection of charity. If charity is milk, devotion is its cream; if charity is a plant, devotion is its flower; if charity is a precious stone, devotion is its brilliance; if charity is a precious balm, devotion is its fragrance—the sweet fragrance that comforts people and delights the angels.

Read the original Latin

Ceux qui décourageaient les Israélites d’aller en la terre de promission leur disaient que c’était un pays qui « dévorait les habitants », c’est-à-dire, que l’air y était si malin qu’on n’y pouvait vivre longuement, et que réciproquement les habitants étaient des gens si prodigieux qu’ils mangeaient les autres hommes comme des locustes : ainsi le monde, ma chère Philothée, diffame tant qu’il peut la sainte dévotion, dépeignant les personnes dévotes avec un visage fâcheux, triste et chagrin, et publiant que la dévotion donne des humeurs mélancoliques et insupportables. Mais, comme Josué et Caleb protestaient que non seulement la terre promise était bonne et belle, ains aussi que la possession en serait douce et agréable, de même le Saint Esprit, par la bouche de tous les saints, et Notre Seigneur par la sienne même nous assure que la vie dévote est une vie douce, heureuse et amiable.

Le monde voit que les dévots jeûnent, prient et souffrent les injures, servent les malades, donnent aux pauvres, veillent, contraignent leur colère, suffoquent et étouffent leurs passions, se privent des plaisirs sensuels et font telles et autres sortes d’actions, lesquelles en elles-mêmes et de leur propre substance et qualité sont âpres et rigoureuses ; mais le monde ne voit pas la dévotion intérieure et cordiale, laquelle rend toutes ces actions agréables, douces et faciles. Regardez les abeilles sur le thym : elles y trouvent un suc fort amer, mais en le suçant elles le convertissent en miel, parce que telle est leur propriété. Ô mondains, les âmes dévotes trouvent beaucoup d’amertume en leurs exercices de mortification, il est vrai, mais en les faisant elles les convertissent en douceur et suavité. Les feux, les flammes, les roues et les épées semblaient des fleurs et des parfums aux martyrs, parce qu’ils étaient dévots ; que si la dévotion peut donner de la douceur aux plus cruels tourments et à la mort même, qu’est-ce qu’elle fera pour les actions de la vertu ?

Le sucre adoucit les fruits mal mûrs et corrige la crudité et nuisance de ceux qui sont bien mûrs ; or, la dévotion est le vrai sucre spirituel, qui ôte l’amertume aux mortifications et la nuisance aux consolations : elle ôte le chagrin aux pauvres et l’empressement aux riches, la désolation à l’oppressé et l’insolence au favorisé, la tristesse aux solitaires et la dissolution à celui qui est en compagnie ; elle sert de feu en hiver et de rosée en été, elle sait abonder et souffrir pauvreté, elle rend également utile l’honneur et le mépris, elle reçoit le plaisir et la douleur avec un cœur presque toujours semblable, et nous remplit d’une suavité merveilleuse.

Contemplez l’échelle de Jacob (car c’est le vrai portrait de la vie dévote) : les deux côtés entre lesquels on monte, et auxquels les échelons se tiennent, représentent l’oraison qui impètre l’amour de Dieu et les sacrements qui le confèrent ; les échelons ne sont autre chose que les divers degrés de charité par lesquels l’on va de vertu en vertu, ou descendant par l’action au secours et support du prochain, ou montant par la contemplation à l’union amoureuse de Dieu. Or voyez, je vous prie, ceux qui sont sur l’échelle : ce sont des hommes qui ont des cœurs angéliques, ou des anges qui ont des corps humains ; ils ne sont pas jeunes, mais ils le semblent être, parce qu’ils sont pleins de vigueur et agilité spirituelle ; ils ont des ailes pour voler, et s’élancent en Dieu par la sainte oraison, mais ils ont des pieds aussi pour cheminer avec les hommes par une sainte et amiable conversation ; leurs visages sont beaux et gais, d’autant qu’ils reçoivent toutes choses avec douceur et suavité ; leurs jambes, leurs bras et leurs têtes sont tout à découvert, d’autant que leurs pensées, leurs affections et leurs actions n’ont aucun dessein ni motif que de plaire à Dieu. Le reste de leurs corps est couvert, mais d’une belle et légère robe, parce qu’ils usent voirement de ce monde et des choses mondaines, mais d’une façon toute pure et sincère, n’en prenant que légèrement ce qui est requis pour leur condition : telles sont les personnes dévotes.

Croyez-moi, chère Philothée, la dévotion est la douceur des douceurs et la reine des vertus, car c’est la perfection de la charité. Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème ; si elle est une plante, la dévotion en est la fleur ; si elle est une pierre précieuse, la dévotion en est l’éclat ; si elle est un baume précieux, la dévotion en est l’odeur, et l’odeur de suavité qui conforte les hommes et réjouit les anges.

Notes

  1. 1Rendered as “practices of self-denial”; here “mortification” means ascetical discipline, not humiliation or death.
  2. 2Rendered as “breaking wheels,” referring to the wheel used as an instrument of martyrdom.
  3. 3The phrase conveys both taking only a limited measure of worldly goods and remaining lightly attached to what one takes; the English preserves both senses.

Introduction to the Devout Life — Parts 1-2 companion

A prayer for every moment, already on your phone

Chosen Portion puts a curated historic prayer in front of you each day — so the words are there before the moment arrives.

Chosen Portion is the digital descendant of the carried prayer book: the short daily prayers this collection preserves, delivered one a day to your pocket.

  • One short, memorable prayer delivered daily — build your repertoire a card at a time
  • Prayers matched to real situations: fear, gratitude, decisions, grief, sleep
  • Save favourites into your personal pocket collection you can open anywhere
Chosen Portion — Daily Prayer (free iOS app)